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Archives quotidiennes : 2 novembre 2017

Le chat de Jean Foucault.

Une légende bretonne.

Jean Foucault avait toujours eu des chats pour lutter contre les mulots, souris et autres campagnols. Mais à la différence de ses voisins, Jean traitait bien les gardiens de ses récoltes. Ils les nourrissaient, leur donnait un abri et jamais ne les battait. Mieux, il n’était pas en reste d’une bonne claque ou d’un leste coup de pied dans le derrière des garnements surpris à tourmenter un petit félin. Au village, on considérait cette habitude comme une faiblesse d’esprit, mais Jean n’en avait cure.

Pourtant son dernier matou, recueilli au début du printemps, l’inquiétait un peu avec son mauvais caractère et son regard sauvage. Même les rats filaient doux devant ce costaud noir dont les griffes ne semblaient se rétracter qu’à regret. Celui-là justifiait les superstitions des villageois :

– Les chats ont un cousinage avec le diable et une fois l’an ils mènent un grand sabbat, soutenaient les uns…

– Oui, renchèrissaient les autres, ils se réunissent dans les cimetières ou au milieu des pierres levées (ils les aiment parce qu’elles sont aussi païennes qu’eux).

-Et les pires sont bien ceux à qui l’on n’a pas coupé la queue, affirmaient les propriétaires de pauvres bêtes mutilées pour se protéger du Malin.

Vint la Toussaint où Jean mena grand train à la foire annuelle du bourg voisin. La nuit était avancée lorsqu’il prit la route du retour, réchauffé par l’union sacrée du cidre et du lambig. Il marchait seul et la vue du cercle de pierres qui marquait le centre de la lande le dégrisa d’un coup. Son effroi ne naissait pas des menhirs moussus, mais des centaines d’ombres mouvantes qui grouillaient à leurs pieds, des milliers d’yeux phosphorescents qui se pressaient autour d’elles. Une marée de chats, miaulant, crachant, avançant vers lui, leur queue non coupée! fouettant l’air, leurs crocs bien visibles. Jean voulut faire demi tour mais dût renoncer, derrière lui une deuxième armée féline s’apprêtait à faire jonction avec la première. Le malheureux parvint à se frayer un chemin jusqu’à la pierre la plus haute, pressé par les chats de plus en plus agressifs. Il se rappela alors ces légendes de villageois devenus fous ou morts de peur au pied d’un menhir, pour avoir croisé le sabbat des chats. Il voulut prier, en vain. Incapable de se défendre, le fermier ferma les yeux. Déchireraient ils ses jambes, ses mains ? Viseraient ils d’abord les yeux ?

Il ne vit pas les rangs de la meute s’ouvrir sur un mâle noir, haut sur pattes, les yeux brillant d’une lueur souffrée. A mesure qu’il progressait, l’intensité des feulements décroissait. Prenant conscience que le silence s’était fait, Jean rouvrit les yeux sur le grand matou qui s’était posté devant lui.

Et soudain, il le reconnut, c’était son propre chat qui imposait le calme à ses congénères. L’homme s’autorisa un soupir. Le chat se mit en route, sans jeter un regard en arrière, Jean le suivit à travers les pierres dressées, jusqu’à la lisière de la lande, là où l’on voyait briller au loin les lumières du village. Combien dura le chemin ? Des heures pensait l’homme ; quelques minutes savait le chat.
Puis l’animal s’en retourna silencieusement. Jean Foucault jura toute sa vie qu’il l’avait entendu dire sur leur passage :

« Celui là aime les chats, il est à moi, vous n’y touchez pas! »

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